La disruption au service des consommateurs

􏰀􏰁􏰂􏰃􏰄􏰅􏰆􏰅􏰇􏰈􏰁Technologie: Une autre manière de vendre son bien immobilier

 

A l’ère de la digitalisation, de nouveaux acteurs entrent en scène, par exemple dans le courtage immobilier. Avec à la clé – bonne nouvelle – des conséquences bénéfiques pour les consommateurs.

 

Historiquement, la vente d’un bien immobilier était un processus anxiogène pour le propriétaire. Les premières inquiétudes surgissaient d’emblée. A quel prix mettre son appartement ou sa maison en vente? Quel courtier croire? Valait-il la peine de payer 1000 ou 2000 francs pour obtenir un rapport d’un expert indépendant?

 

Ces questions sont essentielles. Elles sont aussi très émotionnelles. Une étude récente citée par UBS indique qu’un propriétaire sur deux surestime de 20 à 40% la valeur de son bien. Quoi de plus normal? Home sweet home. Quand on aime, on ne sait plus compter.

 

Les nouvelles technologies apportent un remède à cette angoisse initiale du propriétaire. Pour tous les biens standards (soit 95% du parc immobilier), le Big Data remplace l’émotion par la science, la subjectivité humaine par la précision des statistiques. Fini l’incertitude et les doutes, place à la puissance de calcul des instituts spécialisés. Il en existe cinq en Suisse. La plupart des agences immobilières recourent aujourd’hui à leurs services. Parfois, pour da- vantage de précision, en cumulant les résultats de deux d’entre eux. Certains ont eu l’idée de pousser la logique jusqu’au bout. Au lieu d’en utiliser un ou deux, ils les utilisent tous. Une fois pondérés avec l’aide d’un spécialiste en statistiques, par exemple issu de l’EPFL, ces résultats garantissent une précision maximale. La méthode a fait ses preuves: certaines agences parviennent ainsi à vendre en moyenne à 1% du prix estimé.

 

La deuxième cause de souffrance chez le proprié- taire était liée aux visites. Un prix de vente avait été fixé, un dossier avait été préparé, des annonces avaient été diffusées, il n’y avait plus qu’à trouver un acheteur. Les professionnels de la branche se vantaient d’avoir réalisé dix, vingt, trente visites. C’était une manière de prouver qu’ils mouillaient la che- mise. En oubliant cependant que chaque nouvelle visite était une torture pour le propriétaire. Car elle faisait naître l’espoir. On attendait avec impatience le coup de fil du courtier. Le visiteur avait-il aimé? Allait-il acheter? Qu’il était désagréable de s’entendre dire «niet», «pas d’intérêt», «pas d’offre». Avec parfois même le couteau dans la plaie quand l’acheteur potentiel y était allé de son jugement négatif sur la cuisine («moche») ou le salon («trop exigu»).

 

Tempi passati. Aujourd’hui, on sait tout d’un bien avant de l’avoir vu physiquement. Photos professionnelles, visite virtuelle, vidéo, toute une panoplie d’outils sont désormais disponibles. Conséquence positive: on ne se déplace plus pour découvrir un bien, mais pour obtenir la confirmation que c’est l’objet qu’on cherche. Six visites en moyenne, souvent groupées, suffisent pour identifier l’acheteur chez certaines agences. Encore un soulagement pour les propriétaires.

 

Enfin, une fois l’acheteur trouvé, il fallait passer à la caisse. La douloureuse portait bien son nom: 3% à 5% du prix de vente. Des dizaines de milliers de francs à la fois. Une fortune. Aujourd’hui, les disrupteurs proposent les mêmes services que ceux d’un courtier traditionnel, mais pour un prix fixe (la référence se situe à 7500 francs) qui, pour les plus sérieux, n’est dû qu’en cas de vente. Même au moment de payer la facture, les propriétaires gardent le sourire.

 

Vendre sa maison. Hier, une souffrance. Aujourd’hui, un plaisir. Prix juste, délai court, honoraires raisonnables. Ce sont les bienfaits de la digitalisation devenus accessibles à un nombre toujours croissant de propriétaires.

 

 

Chronique de Sarah Luvisotto, CEO de kiiz, parue dans le quotidien Le Nouvelliste.

Publié dans News le 16 déc 2019